Patrice Guers – Un bassiste aux morceaux high level

Patrice Guers

Patrice Guers Bassiste

Bonjour les grooveurs créatifs,

L’invité d’aujourd’hui est Patrice Guers

Aujourd’hui, je vous présente un nouvel épisode de la série Conversation de Pig dans lequel on va parler de son parcours dans la musique, de l’émotion dans la composition, de notes de basse et de conseils pour les amateurs de basse.

On a la chance d’avoir un grand bassiste de rock, amoureux des enregistrements à l’ancienne et de la simplicité des notes dans la rue.

 

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Conversation de Pig avec Patrice Guers

Patrice Guersa commencé à jouer à l’âge de 17 ans. Ses préférences musicales sont véritablement larges allant du heavy métal au hard rock en passant par le Funk, l’Acid-Jazz et le Rock-fusion, comme, Iron Maiden, King Crimson, Metallica, Thin Lizzy, Mercyful Fate, AC/DC, Red Hot Chili Peppers, King’s X, Fishbone, FFF, Skunk Anansie, Bjork, Marcus Miller,Maceo Parker, Tower of Power etc.

Pendant 3 ans, il s’est consacré à étudier la basse avec un professeur français, et parallèlement il jouait dans des groupes rock et métal, tout en continuant d’améliorer son expérience. Il a été vite remarqué par les grands noms à l’instar de Marcus Miller, Steve Harris ou encore Stu Hamm.

Pour parfaire son apprentissage musical, il entre au CNCN de Nancy. Il commença à jouer avec beaucoup de guitaristes renommés en France comme Chistophe Godin. A ceci suivi d’études au Musical Institute de Londres, davantage pour rentrer en contact avec l’industrie de la musique plutôt que pour les études elles-mêmes.

C’était en 1994 qu’il a collaboré avec le guitariste Patrick RONDAT, réalisant avec celui-ci 3 albums et une tournée. En été 2001, sa grande aventure dans la musique dans le groupe Rhapsody. Il a même produit 5 grands albums dont « Triumph Or Agony », « Live in Canada », « Symphony Of Enchanted Lands part II – The Dark Secret », « Controle The Past », « EP – The Dark Secret » ainsi que « An Emepheral World ».

Voici une liste des Topics que nous avons abordés :

  • La nécessité de prendre des cours musicaux
  • La simplicité du groove dans la rue
  • On n’a pas forcément besoin de règles techniques pour groover
  • Quand on aime les travaux techniques, il faut toujours les notions avec l’émotion
  • L’authenticité des anciennes musiques des années 80
  • L’époque des enregistrements live par rapport au studio
  • Processus de créativité avec Rhapsody
  • Conseils pour les amateurs de basse

Ressources dont nous avons parlé durant la conversation avec Patrice Guers

Pour contacter Patrice Guers

 

Patrice Guers1

Patrice-Guers

 

Témoignage de Patrice Guers

Université GROOVE LIKE A PIG™

Nous aurons très certainement le privilège d’accueillir Patrice Guers dans l’université GROOVE LIKE A PIG™ pour animer quelques masterclass.

Je vous en reparle très vite, raison de plus pour rejoindre l’université GROOVE LIKE A PIG™ maintenant en cliquant ici : groovelikeapig.com :)

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Transcription texte Conversation de Pig avec Patrice Guers

Johann : Bonjour Patrice, comment vas-tu ?

Patrice Guers : Salut à toi, salut à tous, je suis très heureux d’être ici.

Johann : Je suis très heureux et très ému, sincèrement de pouvoir discuter avec toi aujourd’hui parce que quand j’ai commencé la basse, ça fait déjà 19 ans, ça passe vite, je t’ai découvert durant mes études. Je suis allé me former au CMA de Valencienne qui est le Centre de musique actuelle et je n’avais jamais entendu parler de toi.

Il y avait déjà Internet, mais Internet n’était pas encore ce qu’il est devenu aujourd’hui, c’est-à-dire aujourd’hui, on ne sait pas quelque chose, on va dans YouTube, on va dans Google et on trouve tout ce qu’on veut et je me souviens de mon professeur de basse qui m’a dit « tu verras, il y a un bassiste qui va venir, c’est monstrueux » et ouais, je pèse mes mots, c’était vraiment la claque. J’ai pris une gifle monumentale. Je me souviens, tu es arrivé, tu as fait une démonstration, ton morceau qui s’appelle Démonstration et tu as joué en slap et en taping avec des breaks de malade.

Je me disais « ce n’est pas possible », jusqu’à aujourd’hui ça me marque. Encore hier j’ai regardé ça hier soir avant de préparer l’émission. Je me suis dit « wow, le morceau n’a pas bougé, n’a pas vieilli ». Parce que des fois on pourrait se dire « ouais, j’étais dans l’époque, j’étais jeune, j’étais impressionné », mais encore aujourd’hui, ton morceau est toujours high level, ça envoie du lourd. Bravo.

Patrice Guers : Merci, j’ai pas fait exprès.

Johann : J’ai du talent, mais je n’ai pas fait exprès. Donc c’est génial.
J’adorerai qu’on puisse démarre l’émission que tu nous expliques ton parcours, comment tu as choisi la basse, pourquoi la musique alors que tu aurais pu être restaurateur par exemple, je ne sais pas.

Patrice Guers : C’est par passion.

C’est vrai que déjà, je fonctionne beaucoup par passion, par envie, j’ai du mal avec les contrats, il faut vraiment me pousser quand je dois faire quelque chose que je n’ai pas choisi et en fait c’est vrai que très tôt, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu cette passion pour la musique, pour l’écouter la musique.

On va dire assez tôt, j’ai des souvenirs de 8 – 9 ans où j’avais un grand cousin qui écoutait des trucs un peu rockabilly, des trucs de 50 et puis vers 11 ans, la période ACDC avec des groupes ensuite, c’est quelque chose qui m’a marqué pendant mon adolescence, j’ai été très attiré par ça. Quand j’ouvrais les albums à l’époque il y avait toutes les photos des mecs en tournée, les tours bus, etc. c’était un truc qui me faisait rêver, j’avais envie de jouer, je ne trouvais pas d’instrument en fait.

La seule chose qui me venait à l’esprit était la guitare et la batterie parce qu’on connait tous à cet âge-là d’emblée et c’est bizarre en fait parce que je savais que je voulais faire d’un instrument et je n’arrivais pas à trouver lequel et en fait en voyant d’autres groupes, des groupes locaux en jouant sur scène, c’est là que je me suis rendu compte de la présence de la basse et ça a commencé un peu vers 15 – 16 par-là, j’ai commencé à prendre conscience de l’existence de cet instrument et en fait à 17 ans, j’ai commencé le truc et je crois que le jour où j’ai acheté ma basse, une vieille basse d’occasion quand j’ai commencé à bosser, le soir même, je n’ai plus jamais arrêté. J’ai adoré comme un malade et je crois que le lendemain je me suis dit « wow, c’est ça que je veux faire ».

C’est-à-dire que la basse, tout de suite, le côté toucher, le fait de jouer avec les doigts, il y a quelque chose d’organique dans le sens qui vient du bas, qui vient de la terre. Il y a un ressenti direct, c’était ça.

Donc tu vois, je ne suis pas du tout un bassiste qui est arrivé parce qu’il manquait un guitariste dans le groupe, mais seulement, c’est cet instrument-là qui m’a fait flasher. C’est assez rare. Des fois quand je rencontre des gens, ils sont là « ah ouais, passionné par la basse ? ».

Pour beaucoup de gens, si tu es bassiste, c’est parce qu’on t’y a obligé à un moment donné, ce n’est pas possible. Et vraiment, pour ma part, ça a été une passion. Je pense aujourd’hui que c’est ce côté toucher.

Si j’avais fait de la guitare, je pense que ça aurait été plus de la guitare acoustique. Si j’avais fait de la batterie, plus des percussions. J’aime bien le lien direct entre l’instrument et les mains plutôt que passer par des baguettes. Voilà, je pense qu’il y a ça, l’instrument et le toucher.

Donc voilà, je suis arrivé un peu comme ça avec la basse et comme j’ai commencé à 17 ans, j’ai tout de suite été passionné, je bossais, je n’ai pas compté les heures de boulot, j’ai tout de suite pris des cours. J’avais l’impression qu’il fallait un peu rattraper le temps perdu. Je me suis dit « c’est vraiment ce que je veux faire, mais je suis en retard ». J’ai vraiment bossé comme un dingue, on peut dire que j’ai vraiment travailler à une époque où mes potes sortaient, moi j’étais chez moi avec mon métronome, je bossais ce que mon prof me donnait à bosser plus ce qui m’intéressait.

Ça m’a vraiment ouvert aussi par rapport à la musique que j’écoutais à l’époque. J’étais vraiment branché rock, hard rock et en fait, le fait de prendre des cours m’a permis d’écouter ce que me faisais bosser mon prof. Il était plus funk, j’ai commencé à élargir mes goûts musicaux et à piocher un peu dedans donc voilà pour le parcours, ça a été un peu le départ.

Et puis, par rapport à ces histoires d’apprendre vite par rapport à l’âge à laquelle j’ai commencé, je me suis inscrit pour faire une école de musique ensuite j’ai été à Londres pendant 1 an pour faire encore une année d’étude et parallèlement à tout ça, c’est à cet âge-là que j’ai commencé à jouer en tant que professionnel avec mon premier groupe avec Christophe GAUDIN qui habite tout près de chez moi.

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On avait monté un trio avec lequel on avait fait une centaine de dates dans des clubs. Alors des reprises rocks, fusions, un peu de tout, mais c’était ma première année de grosses expériences lives.

Donc voilà, c’est un petit peu comme ça le départ, mais je peux continuer longtemps.

Johann : Je t’en prie, on est là pour converser. On écoute et on apprend, je me souviens justement l’un des conseils que tu avais partagés et qui m’a marqué quand j’étais étudiant au CMA à Valencienne, moi j’étais beaucoup dans les trucs techniques, ce qu’on nous enseignait.

Je n’ai pas un background avec une famille qui est dans la musique ou quoi que ce soit, j’ai vraiment appris sur le tas et du coup comme tu as tout le monde autour de toi qui te dit que tu ne dois faire que de la technique, toi, tu es arrivé, tu as dit, je ne sais plus très bien la phrase exacte, mais c’est l’idée « tu sais, le plus important avec cet instrument, c’est que tu grooves ». Et tu m’avais parlé de Marcus MILLER, ça m’avait marqué, tu m’as dit « tu sais Marcus, quand il prend sa basse, même si c’est technique, tout ce qu’il fait, ça groove ».

Et ça, pour moi à l’époque, c’était mind blowing quand tu as tout le monde autour de toi qui te dit « non, privilégies la technique, tu auras tout le temps pour être mature et groover » et toi tu viens, tu casses cette règle-là et j’ai trouvé ça génial parce qu’après dans tout mon travail, ça a changé énormément de choses dans l’approche.

Même en accompagnant, non, tu dois développer le groove et pas que la technique. C’est l’un des trucs que j’aime chez toi, dans ton jeu, autant que Marcus, autant que d’autres bassistes techniques qui fait des trucs phénoménaux, ce n’est pas le premier truc qu’on perçoit. Encore hier, je regardais un live que tu avais fait avec Patrick BONDA. J’écoute ta technique, je me dis « wow », mais ce n’est pas le premier truc qu’on entend, ça va être l’unisson avec la guitare ou l’harmonie, mettre les croches en place, bien posé, franchement, bravo.

Patrice Guers : Je suis content que tu le remarques parce que malheureusement des fois ça passe même au second plan, c’est-à-dire qu’il peut y avoir des mecs impressionnés par la technique et quand ça ne groove pas, les gens s’en rendent des fois pas trop compte et c’est vrai que moi, c’est la première chose à laquelle j’accorde de l’importance.

Même moi en tant que bassiste, on va dire maintenant la technique, je considère ça comme du travail destiné à tout le monde. Le mec qui se met à bosser un truc compliqué, il va finir par y arriver même si, à un moment donné, quand tu commences la musique à 20 ans, c’est important. Moi, à un moment donné, j’ai vraiment concentré mon travail sur la technique aussi parce qu’il faut le faire.

Et après que cette technique-là, il ne faut pas oublier que tu utilises. C’est plus un simple exercice scolaire.

Elle doit être mélangée à d’autres notions, justement, dont celle du groupe, de l’émotion dans ce que tu donnes et c’est vrai que moi, je suis beaucoup plus impressionnée, ça m’est arrivé de voir des bassistes qui jouent dans la rue, y compris à Lille. Et puis quand on voit des trucs comme ça, mais le mec qui est là les yeux fermés, tu sens qu’il y a une intensité, une attention dans chaque note qu’il est en train de jouer, c’est terrible et sa ligne de basse, elle tourne tout seul.

Ça te donne envie de danser dès que tu entendes jouer trois notes. Si la technique est associée à ça, c’est formidable, c’est-à-dire, c’est la totale. Mais s’il n’y a pas ça, moi, je préfère voir que cette intention là sans technique.

Pour moi, il y a plein de bassistes, plein de groupes que j’écoute, qui n’ont pas une technique terrible. Maintenant, quand il n’y a que la technique, pour moi, c’est hors sujet, c’est un cours, mais on va dire ça ne touche pas, tout simplement. Mais à 20 ans, ça pouvait toucher, c’est-à-dire que quand j’étais un peu dans cette époque-là, dans cette phase de travail technique, c’est vrai que je pouvais voir un mec qui était dans cet exercice, un simple exercice technique et ça m’impressionnait de voir qu’il était capable de faire ça.

C’est vrai que j’ai vraiment été intéressé par tout ce qui était technique à l’époque.

Dans les années 80, dans les années 90, tous les soirs, des bassistes un peu techniques. Mais c’est vrai que plus j’avançais, plus je commençais à lâcher ce qui ne touchait pas au niveau du groove et ce qui restaient, je m’en rendais compte qu’il y avait une dimension particulière ou un groove, plus que la technique dont fait partie Marcus MILLER et plein d’autres.

Mais c’est vrai que pour moi, je préfère voir un mec qui joue trois notes tout simplement avec quelque chose, qui ressent quelque chose plutôt qu’un truc que technique, même s’il faut passer par le travail quand on commence l‘instrument, mais il ne faut pas s’en servir en tant que tel, ce n’est pas une priorité.

On peut très bien jouer sans ça, mais je dirais que de l’avoir pour moi, c’était nécessaire pour pouvoir jouer ce que j’entendais. Dans mon jeu j’entendais des fois des trucs, j’étais là, je ne savais pas comment les jouer. J’entendais la basse, j’entendais des plans dans ma tête ou les notes de basse se succédaient, mais restait.

En fait c’est le tapping qui m’a permis de faire sonner trois notes en même temps et des mélodies, des morceaux.

Pour moi la technique doit être au service de la musique et une fois que quelqu’un sait, je vais apprécier la technique dans ce contexte-là. Tant que ça groove, après, tu peux tout balancer, n’y pas de problème, c’est génial.

Johann : Et du coup, en parlant de Stuart Hamm est-ce que c’est encore un musicien que tu écoutes ?

Patrice Guers : Je ne sais pas, j’ai lâché pas mal de trucs, parce que je n’écoute plus trop des bassistes en tant que ou des albums de bassistes.
Vraiment, les rares qui sont restés il y a bien Marcus Miller, mais je n’écoute pas spécialement des albums liés à la basse.

Maintenant, j’écoute vraiment de la musique cours pour la musique. Et du coup, je te parlais un peu tout à l’heure de l’élargissement de mes influences quand j’ai commencé à bosser la basse.

En fait, la basse, m’a amené à ça, le funk et depuis je me suis mis à écouter des styles comme le blues, comme le reggae, comme le folk, beaucoup de styles, comme la musique africaine.

Johann : C’est ce que j’allais dire parce que je me souviens qu’à l’époque tu disais que c’était un truc que tu prévoyais.

Patrice Guers : Tu vois donc j’avais dû en parler parce que dire que là, je suis à fond dedans. Maintenant, on peut dire que ça fait une petite dizaine d’années que je suis à fond dans tout ce qui est blues, folk.

Dans les années 80, j’ai écouté les groupes qui sortaient à ce moment-là et dans les années 90, il a comment il y avait un peu de vide, c’est-à-dire que je commençais à décrocher un peu avec les nouveaux trucs, ça m’accrochait moins. Au lieu d’écouter ce qu’il se faisait, je suis revenu en arrière et je me suis mis à écouter les fifty, un peu un retour en arrière pour comprendre d’où venait la musique que j’écoutais dans les années 80.

Je suis revenu en arrière et j’en suis toujours là, avec des écoutes, même dans le rock, je me suis mis à découvrir toutes les discographies de Janis JOPLIN, tous les vieux trucs en descendant même bien plus loin, mais aussi dans la soul avec Otis REDDING et en fait au niveau basse, j’hallucine toujours par des trucs simples, mais les mecs qui jouaient à l’époque-là, tu vois les albums, ce n’est pas chacun reste chez toi et on enregistre devant son écran, tu as l’impression d’être assis au milieu du local de répèt’, mais ce sont des petits locaux, tu entends les voix des mecs, des erreurs sur l’album. En fait, tu te rends compte que 40 ans, 50 ans après, les erreurs y sont encore et il y aura toujours l’émotion de départ alors que les grosses prods d’aujourd’hui, en général, tu les écoutes chez toi, tu en prends plein la gueule.

Et puis, après tu le ranges parce que t’as tout découvert. Il n’y a pas l’émotion qu’il y avait dans les productions de ces années-là.

Johann : Je plussoie à 4.000 % parce que c’est ce truc-là quand tu écoutes les anciens enregistrements, souvent, il y avait un tambourin dans ce morceau ? Mais je l’ai écouté au moins 4.000 fois !

Patrice Guers : Exactement et tu découvres tout au fur et à mesure et je pense que ça fait partie des raisons pour lesquelles ça reste aujourd’hui.

Maintenant tu vois des gosses dans les lycées qui écoutent ACDC, ou Led Zeplin, des vieux trucs comme ça, parce qu’eux même parlait dedans, tu es impressionné par la prod, mais n’importe quel iPhone aujourd’hui sera ridicule dans quelques années et la musique avec la technologie, c’est un petit peu la même chose. Plus tu en mets, plus ça va passer avec la mode alors que des vieux trucs où t’as basse, batterie, guitare, ça restera tout le temps. Il y aura toujours l’émotion de l’enregistrement qui restera là.

Les albums qu’on a enregistré, on les enregistraient en live à une époque où ça ne se fait quasiment plus parce que le fait d’enregistrer séparément permet de peaufiner la production au millimètre près alors que quand tu enregistres en live, c’est quelque chose de brut et quand c’est la bonne prise, c’est la prise qu’on garde et même s’il y a des petits trucs à côté, mais pendant que tu joues le morceau tu es là, on se regarde, on joue, il y a quelque chose qui reste quand on joue et c’est quelque chose que j’ai apprécié de vivre, cette époque j’enregistrement live.

Johann : Tu m’étonnes.

Patrice Guers : Ça veut dire que malgré tout dans ma carrière, je me rends compte avant tout que je suis un musicien de scène, là où je m’éclate c’est quand on me dit qu’on part en tournée. Beaucoup plus que dans un studio pour enregistrer.

Johann : Ce n’est pas du tout la même énergie, le même travail.

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Patrice Guers : C’est ce qui me motivait le live. Complétement.

Patrice Guers : Génial. Et du coup, on va revenir à une question quand je t’ai découvert, tu venais juste d’intégrer le groupe Rhapsody dans lequel tu es toujours en ce moment et un truc qui me faisait rire quand j’y pensais il y a quelques jours encore, c’est quelque chose que je me souviens, tu étais venu en master class au CMA et « ouais, j’ai super mal, là je m’entraine chez moi à la montagne, je suis obligé de mettre ma pommade parce que ça joue tellement vite ».

Est-ce que tu vas mieux aujourd’hui ?

Patrice Guers : Beaucoup mieux. Tu me dis ça, je vois carrément la période de cette master class.

Johann : Ouais, ça devait être 2001 – 2002.

Patrice Guers : Ça devait être 2002, été 2002 et en fait quand ils m’ont appelé pour partir en tournée, moi j’avais déjà bossé la technique des 3 doigts, mais au départ je me suis dit « ouais, super, pas de problème » et ils partaient assez vite en tournée en Amérique du Sud et quand j’ai écouté, ça allait à des tempos de 180 où tu joues tout le temps double croches.

C’est vrai que j’avais travaillé les 3 doigts, mais pas forcément du rock. Donc j’ai dû bosser ça un peu rapidement avant de partir en tournée. J’ai eu une petite tendinite, mais j’étais un peu à l’arrache pour bosser les morceaux pour la tournée et je me suis retrouvé, pendant ce laps de temps à m’arrêter de jouer pendant 3 semaines pour que la tendinite passe.

Il y avait un stress. Je n’avais pas beaucoup de temps et il fallait que j’assure au niveau de ça donc c’était une période un peu stressante, mais après coup, j’ai assuré pour moduler mon geste.

J’ai bossé la technique de rapidité sans forcer sans forcer du tout, la main tombante, je bossais la vitesse et une fois que je l’avais. Donc je ne bossais pas la vitesse en forçant. C’est comme le vélo, une fois que tu l’as. Et la tournée d’après tu te dis que tu n’es pas capable et puis tu joues deux titres et ça y est. Il y a une technique particulière que j’utilise avec Rhapsody donc c’est vrai qu’entre 2 tournées, il peut y avoir plus d’1 an et un nouvel album et des fois il y a des grandes périodes où je n’utilise pas forcément sa technique.

Et après la panique du premier morceau, ça revient.

Johann : Et du coup est-ce que tu pourrais, s’il te plaît m’expliquer le processus de créativité avec Rhapsody ?

Comment vous fonctionnez parce que c’est une grosse machine qu’on voit en cours, c’est la folie. Je l’ai écouté il n’y a pas longtemps pour préparer l’émission et c’est énorme et du coup est-ce que tu pourrais nous expliquer comment vous fonctionnez justement ?

Est-ce qu’il y a un membre du groupe qui envoie des parties via Internet et puis après vous brainstormez ou vous vous retrouvez en mode cerveau collectif dans une pièce pendant 1 mois et vous créez pendant 1 mois pour le prochain album et on se retrouve dans 1 an pour jouer cette musique-là, est-ce que tu peux nous expliquer ça ?

Patrice Guers : Non, non, c’est vraiment le premier cas que tu viens de citer. C’est son monde des pochettes aux paroles, à la musique, c’est lui le chef d’orchestre, c’est son univers en fait et il a vraiment des idées précises du début à la fin.

Lui, il travaille tout seul, il compose tout seul, que ce soit des paroles, tout et après il est en studio, il coach le chanteur.
Telle note, il la veut comme ça, c’est vraiment un travail de création qui est individuel en termes de cadre et ensuite lui, il nous envoie les parties, mais c’est vrai qu’au niveau de la basse, j’ai relativement de liberté quand il y a des parties qui mériteraient un peu de plus de lyrismes ou de notes, dans les modifications que j’ai faites, il n’est jamais venu me dire « ça ne se fait pas » parce que je le fais toujours dans un esprit de musicalité. Il sait que je ne vais pas le faire pour me mettre en valeur.

Avec les différents groupes que j’ai tournés, que ce soit avec Ronda ou Rapsodie, j’ai toujours eu ma place avec un solo de basse.

À chaque tournée, je prépare un solo de basse et c’est différent à chaque fois, donc j’ai toute la place pour m’exprimer.

Et étrangement, même si je ne l’avais pas, ce n’est pas vraiment une distraction que j’aurai, je ne sens aucune frustration de cette situation sur scène, même si je peux me retrouver à l’arrière de la scène à me taper des croches.

Au contraire, je dirai que le moment où je m’exprime et je me retrouve devant, c’est plus pour moi un passage de stress.

Tu vois, des fois quand on joue dans des festivales qu’on ne joue pas longtemps et qu’on n’a pas le temps de mettre le solo de basse et qu’on ne le met pas, c’est presque des vacances. Je ne vais pas me retrouver avec la pression d’être devant, ce n’est pas mon truc, je me suis retrouvé un peu par la force des choses dans cette situation.

À la base moi c’était d’être derrière, à côté d’un batteur et d’accompagner d’autres gens devant, c’était mon point de départ. Donc pour en revenir à la composition, c’est vraiment lui qui le fait et je dirai qu’à 90 % les lignes de basses ressemblent à celles qu’il avait composé.

Après sur des parties, je mets mon grain de sel.

Johann : Ta créativité, ta sensibilité, tes influences.

Patrice Guers : C’est ça, complétement. J’aime bien mélange tout ce que j’écoute, l’intégrer dans ce que je joue, mais voilà pour la composition.
C’est le solo de basse que je peux mettre en place dans le spectacle.

Johann : D’accord et du coup le solo de basse est vraiment quelque chose que tu crées à chaque fois ? Tu t’assois et tu te dis « je vais faire ça à ce moment-là, je vais faire monter la sauce là, etc. » ou c’est plutôt tu as une vision, une structure, et tu y vas au feeling parce que tu sais que tu as 12 mesures ou 34 mesures pour t’exprimer ?

Patrice Guers : En fait, il y a eu plusieurs cas de figure. Les solos de basse avec Ronda, c’était un peu dans l’esprit de la démo que t’avais entendu.

Johann : Tu commences avec « Tinng » ?

Patrice Guers : Ouais, toujours et en fait, c’est un morceau de basse qui a été fait avec Ronda. Après sur d’autres tournées j’ai fait un autre qui s’appelait Lady Boy, qui est dans le même esprit.

C’est un morceau que j’ai composé de 3 – 4 minutes avec une structure qui ressemblerait un petit peu à un titre normal avec une intro, un thème, etc. avec un pont au milieu, un thème répété au milieu, en général, c’est assez construit comme un morceau standard en instrumental et très axé sur la basse et puis avec Rhapsody, il y a eu plusieurs cas.

Comme je viens de te citer et puis on va dire que depuis les 10 dernières années, la plupart du temps, c’est Lucas qui m’envoie une bande son qui l’a fait et qui pourrait ressembler à ça avec des orchestrations, aux bandes qu’on peut avoir avec des orchestres symphoniques, les chœurs.

Ça permet de garder un fil conducteur en termes de sonorité parce que faire un concert de rock symphonique et puis au milieu tu balances un solo de basse tout seul, basse batterie, très funky, ça fait un peu hors sujet donc Lucas m’envoie la bande son et je crée un solo dessus.

En fait, tu pars d’une base existante et c’est là-dessus qu’il faut créer un morceau donc des fois tu as une harmonie derrière et c’est moi derrière qui vais l’harmoniser, faire en sorte que ça commence lentement et que ça monte vers le milieu et vers la fin qu’il y a un moment où ça explose. C’est une création qui est intéressante.

Donc, ça crée des choses et j’aime bien aussi rentrer dans l’univers des gens avec qui je travaille. C’est-à-dire que Lucas m’envoie une bande son qu’il crée comme il a l’habitude de créer et il y a tout cet univers-là et ça m’est arrivé par exemple qu’il m’envoie une bande en do dièse, mineur harmonique et tu te retrouves à faire un solo là-dessus.

Donc en fait il y a des challenges donc ça te donne des contraintes et ça te pousse à sortir de tes habitudes et c’est ce qui me plaît de jouer avec différents groupes et tu ne tournes jamais en rond avec tes habitudes.

Tu découvres qu’il y a plein de possibilités faisables que tu n’aurais pas été chercher toi-même.

C’est un procédé qui me plaît beaucoup au niveau créatif.

Johann : Et du coup quand tu crées un solo comme ça, est-ce que tu es un bassiste qui va aller s’inspirer des autres bassistes ou alors est-ce que tu vas aller puiser dans d’autres instruments chez les percussions, chez les pianistes, les chanteurs ?
Est-ce que tu vas mettre des moments mélodiques qui ressemblent à sa manière de phraser, ou rien à voir, tu mets ta patte, des influences africaines, indiennes ?

Patrice Guers : Je dirai que les influences que j’ai, elles datent beaucoup d’il y a quelques années, mais c’est la musique au sens large.

J’ai l’impression d’avoir pris un peu toutes les influences autour de moi et quand je fais un solo de basse maintenant, je ne sais pas faire du Rhapsody, il y a la bande son derrière. Quand je fais un solo de basse, c’est mon moment, ça vient de moi.

Non, je n’essaie pas trop de coller au reste de la culture de Rhapsody parce que c’est dans l’esprit. Ça se fait un peu tout seul, mais avant tout, ce que je veux faire écouter au gars, c’est un moment de basse. Il y en a plein qui découvrent la basse, ils ne savaient pas que la basse pouvait se jouer au médiateur donc ce qui est intéressant, c’est qu’il y en a beaucoup qui me disent « putain, je ne savais pas qu’on pouvait faire ça avec une basse » et c’est ça qui m’intéresse, de faire mon truc et s’il y a ça comme réaction, c’est formidable parce que j’ai l’impression de faire découvrir la basse. Pour eux, c’est un truc nécessaire, mais qu’ils n’entendent pas forcément et à chaque fois ils écoutent la basse. Pour moi, ça ne peut pas être mieux qu’on me dise ça.

Faire connaître la basse par ce biais-là, c’est génial et dans un concert, il y a des nuances. Le fait de mettre un solo de batterie et de basse permet de créer des nuances, d’envoyer d’autres sonorités, d’autres rythmes.

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Ça permet de casser un petit peu le fil conducteur aussi. Ça fait un autre son à ce moment-là donc c’est intéressant.

Johann : Est-ce que tu t’imagines un jour produire un groupe ?

Par exemple si demain je veux produire mon groupe de métal, est-ce que tu fais ça ou tu prévoies à un moment donné dans ta carrière de devenir producteur, dans le sens de la direction artistique ?

Pas forcément producteur dans le sens financer l’album, mais conseiller ?

Patrice Guers : Ouais, complétement, mais ce n’est pas vraiment quelque chose qui me passionne.

C’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup dans le cadre des masters class, des ateliers, des trucs comme ça, conseiller les gars sur la manière dont ça pourrait se souder mieux, mais au niveau business musical, non. Je me vois plus finir dans les clubs autour de chez moi que d’entrer dans le business.

C’est un truc que j’ai un peu fuit dans ma vie, je n’ai pas de groupe à mon nom. J’aime bien jouer, monter sur scène, c’est jouer qui m’intéresse. Je trouve qu’il y a un décalage entre le musicien sur scène et les gens qui font partie du business donc je n’interviens pas là-dedans, même si ça reste lié à un côté création.

Johann : Oui, ce n’est pas tant d’un point de vue business. Imagine Red Hot Chili Peppers ont des protégés et sont fans de toi et ils aimeraient que tu partages tes 5 meilleurs tips pour qu’ils puissent développer davantage leur carrière et leur plaisir sur scène, c’est plutôt dans un univers comme ça.

Patrice Guers : Ça ne fait pas partie de mes ambitions, mais si c’est les Red Hot Chili Peppers, je le ferai.

Johann : Ok parce que des fois tous les conseils que tu partages, l’expertise de fou que tu as et l’expérience que tu as, c’est monstrueux, c’est pour ça que je me pose la question.

Tu pourrais tellement leur apporter avec ton expérience, sans forcément business parce que ça crée des intermédiaires avec les consommateurs de la musique et je suis contre ça et l’idée est plutôt justement de dire que tu n’es pas obligé d’avoir un intermédiaire, toi tu viens en tant qu’artiste apporter ton expérience, libre à eux d’appliquer ou non tes conseils en toute bienveillance.

Patrice Guers : C’est vrai que c’est quelque chose d’intéressant, mais jusqu’à maintenant, je n’ai pas fait la démarche dans ce sens-là.

Après, si on venait à moi pour ça, c’est possible. J’y pense maintenant, c’est vrai que le fait de jouer dans Rhapsody, il y a beaucoup de gens dans le métal qui connaissent mon nom par le groupe et les parties de basse que j’ai pu créer sur scène, mais en même temps, le métal c’est vraiment un peu que j’ai dans mes influences, pas quelque chose que je renie, mais je ne connais aucun style où les fans t’attendent à l’aéroport et t’attendent devant la salle.

Dès que la salle ouvre, ils sont au premier rang et moi je l’ai fait donc que je m’identifie beaucoup à ce public, mais je n’écoute plus de métal à l’heure actuelle.

À chaque fois que j’écoute un groupe de métal, ça me fait penser à un autre, mais je me réfère toujours à quelque chose que j’ai écouté dans les années 80 et aujourd’hui, j’ai plus d’autres styles musicaux.

Comme il y a beaucoup d’informations sonores dans le métal, Rhapsody est vraiment un cas comme ça, il y a les batteries, les guitares, le chant, clavier, orchestre symphonique, les chœurs, c’est vrai qu’au niveau confusion, c’est le fouillis.

Johann : Du coup c’est quoi tes prochains projets après le COVID ? Est-ce que tu es bloqué ou tu arrives à avoir des concerts qui ne sont pas annulés, comment ça se passe ?

Patrice Guers : J’ai toujours fonctionné en étant présent sur la scène locale, j’ai des dates vers chez moi, j’ai aussi des petits groupes de soul où on fait des reprises, d’un soir à l’autre le morceau peut faire 2 à 8 minutes et on a un prétexte à l’impro, mais en fait depuis le COVID, les trucs locaux reprennent un peu.

Ce qui est bloqué, ce sont les grosses tournées, donc on a repoussé une tournée.

En fait pendant le confinement, on était en Amérique du Sud et après 2 dates, tout le reste est annulé et on est revenu chez nous et on repousse la tournée à l’année prochaine, 2021 devrait être une belle année avec les reprises et les gros plans qui arrivent, ça devrait être chargé donc je suis confiant pour l’avenir.

Johann : Et du coup est-ce que tu aurais un dernier conseil à partager aux amateurs de basse qui nous écoutent et qui souhaiteraient se mettre au métal et à tout cet univers saturé ?

Je trouve que c’est ultra bienveillant parce que tous les concerts de métal que j’ai fait contrairement à d’autres styles, les filles peuvent arriver en mini-jupe, en décolleté, il n’y a jamais de problème, tout le monde est respectueux.

Patrice Guers : J’ai eu confirmation de ça.

Souvent, ça m’arrive de discuter un peu avec les gars du service d’ordre un peu au moment où on fait la balance quand on est en tournée et ils me disent tout le temps que c’était les vacances pour eux, les métalleux sont des hippies, dans la plupart des cas, dans tous les festivales, les mecs font la fête, il y a un côté communauté, on peut se retrouve ensemble autour d’un point commun lié à la musique et faire la fête.

C’est tranquille.

L’an dernier avec Rhapsody, c’était une croisière sur un gros paquebot, c’était un truc de dingue avec 15 étages de Miami, ça part de Floride et c’est une croisière métal avec 70 groupes sur le bateau, tu as 5.000 passagers et le thème c’est le métal du matin jusqu’à 4 – 5 h du matin dans la nuit.

C’est la classe et tu as 5.000 métalleux là-dessus avec les concerts, les mecs qui picolent et tu n’as pas une embrouille, c’est la fête.

Johann : Si un amateur de basse veut se mettre au métal à l’heure d’aujourd’hui et se professionnaliser, quel conseil tu partagerais aujourd’hui pour qu’il réalise son objectif ?

Patrice Guers : Déjà moi je conseille du travail, mais souvent c’est difficile parce qu’on a tous envie de faire ce job pour des raisons différentes.

Tu as des bassistes, à 15 ans ils veulent faire de la basse et rentrer dans un groupe, mais la basse est un prétexte parce que l’objectif est de rencontrer des filles après des concerts.

Mettre ce gars dans sa chambre et lui dire de bosser 15 h, ça va être difficile. Pour un mec vraiment motivé, je dirai le travail. Moi j’ai vraiment travaillé.

Dans une époque où on n’avait pas Internet, moi j’avais un métronome et un balancier et je bossais comme ça pendant des heures du rythme, de la mise en place, je travaillais les intro, j’enregistrais sur des cassettes des accords que j’écoutais en boucle puis en improvisant donc tout ce travail-là, je le faisais, c’était intense comme boulot et parallèlement à la technique et puis après je travaillais beaucoup avec un looper qui me permet d’enregistrer les trucs et je vais vraiment l’enregistrer quand tout tourne bien, qu’il n‘y a plus une note que je peux enlever, des séquences comme ça que j’avais appelé jingle bell et donc comme conseil, c’est le travail.

Travailler la technique, le groove, en groupe, c’est toujours important, mais je dirai que la musique peut s’envisager sous plein de manière différente. Il y a des gars qui vont avoir un boulot à côté et puis une fois par semaine ils révisent avec leur groupe 10 fois par an ils font un concert et ils n’auront que le côté positif, ce sera un hobby.

Aucune contrainte, tandis que si tu veux en faire ton métier, ce n’est pas la même chose que quand tu allais au local sauf que tu es payé.

Il y a les contacts, c’est beaucoup plus large que le fait de jouer, mais ça dépend de ton ambition.

De se faire plaisir dans un groupe, jouer en tournée et jouer les jours qui me plaisent, prendre de l’énergie sur scène donc sans y réfléchir, c’est comme si je m’étais préparé à ça, en même temps, ce n’est pas quelque chose que j’ai fait par contrainte pour arriver à un but, c’est arrivé naturellement. Je dirai pour les bassistes, c’est un petit peu de mettre des choses en place.

Johann : Discipline et rigueur.

Patrice Guers : Ouais voilà et d’aller auprès des gens, rencontrer des gens, c’est là qu’on apprend à jouer. Quand on est tout seul dans sa chambre, c’est un peu comme à l’école, mais quand on démarre dans la vie, on a l’impression de n’y être jamais allé.

On ne sait pas remplir un chèque, on ne sait rien faire de pratique, mais en fait c’est la vie de tous les jours qui va nous apprendre à vivre.

C’est pareil. La musique chez toi, c’est comme à l’école, mais d’aller faire la fête ou des chams, c’est là que tu mets en pratique des choses et qu’on apprend à jouer donc c‘est aussi quelque chose d’important de rencontrer les autres musiciens, c’est ça la musique.

Il peut y avoir aussi des gars qui préfèrent jouer chez eux, c’est ça qui les intéressent. Je te donne un petit exemple par rapport à ça, au départ de Rhapsody, il n’avait pas trop l’expérience des tournées au départ les tournées, c’était contraignait, il se serait plus vu à écrire des albums, à être chef d’orchestre dans le studio, quand les gars partaient en tournée si lui pouvait rester chez lui, il l’aurait fait alors que maintenant, il ne veut que partir en tournée, mais disons qu’il y a des gens qui pourraient envisager la musique sans concert et c’est concevable.

Johann : Bien sûr faire des musiques de film.

Patrice Guers : Complétement.

Johann : Je te remercie pour te partage, pour cette conversation.

Patrice Guers : C’est moi.

Johann : Et j’espère qu’on aura l’occasion de te revoir déjà sur scène après ce COVID.
Tu es le bienvenu en Estonie quand tu veux !

Patrice Guers : Comme je ne connais que toi là-bas, si je pars en tournée, je penserai à toi.

Johann : On pourra se faire un bon petit restau végan si tu le veux bien.

Patrice Guers : Avec grand plaisir.

Johann : Tchao.

Patrice Guers : À la prochaine. Merci à tous et à très bientôt.

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Johann Berby

Je m’appelle Johann Berby, je suis l’auteur du blog BassistePro.com

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